Out and proud

Printemps 2000, mon amourette avec José n’est pas allée plus loin qu’un baiser malheureusement, mais ça m’a donné la force de faire mon coming out. Mes amies Pamé et Virginie sont les premières à qui je me confie. Leur réaction positive me conforte dans l’idée que je ne dois plus avoir honte de ce que je suis.

À l’époque, on regarde tous la série Dawson[1] et je suis inspiré par le personnage de Jack, un lycéen qui fait son coming out.

Après mes copines de lycée, la prochaine étape c’est de le dire à Maman. Je mets une heure à cracher le morceau, mais bien sûr, comme toutes les mères, elle a compris depuis longtemps et attendait que ça vienne de moi. Elle me dit que ça ne change rien pour elle. Au contraire, ça nous rapproche encore plus. Je me sens tellement plus léger depuis que je l’ai dit à Maman.

Je décide de ne pas en parler à mon père. De toute façon, on ne se parle pratiquement plus.

Par contre, je ne sais pas comment l’annoncer à mon frère. À l’époque, je sors avec mon premier mec qui s’appelle Bruno et tous les samedis on se retrouve tous dans la même boîte hétéro. Je profite de mon état alcoolisé pour rouler une grosse pelle à Bruno en plein milieu de la piste de danse devant mon frère, sa copine et tous leurs potes ! Pas très fin je l’admets, mais sans ambiguïté.

Le lendemain, mon frère vient me voir. Il a un air et un ton graves comme s’il venait d’apprendre la mort de quelqu’un de proche. Il veut savoir si c’était « pour déconner » ce roulage de pelle ou si je suis vraiment homo. Option B. Il repart sans dire un mot. C’est dur. J’ai les larmes aux yeux.

Samedi suivant, on se retrouve comme d’habitude dans la même boîte et, l’alcool aidant, on réussit à se parler. Il me dit que mon attitude l’a blessé et que sa copine en a pleuré (…). Il aurait aimé que je sois plus « discret », mais il me dit que je reste son frère et qu’il m’aime comme je suis (ouf), par contre hors de question que mon mec mette les pieds chez lui (aïe). Demi-victoire donc.

Avec Bruno, il n’y a pas vraiment de sentiments, mais on fait notre éducation sexuelle ensemble. On passe des heures au pieu à découvrir nos corps et les mille façons de se donner du plaisir. Mais après deux mois ensemble, on finit par se séparer en mai.

En juin 2000, je réussis mon bac avec mention. Je passe un super été plein d’insouciance. Je me rends pour la première fois en boîte gay à Marseille, le New Cancan, une institution de la vie gay (très pauvre) dans cette ville.

C’est au New Cancan lors d’une soirée mousse que je rencontre Gaétan, un jeune de mon âge. On s’embrasse tout couverts de mousse. On ne va pas se quitter de tout l’été.

On se rend ensemble à notre première Marche des Fiertés (Gay Pride à l’époque), à Marseille.

C’est exaltant de voir toutes ces personnes lesbiennes, gays, bi et trans marcher ensemble et pour la première fois « j’ose » tenir la main de mon mec en pleine rue. Fini la honte et le secret, je me sens fier et libéré.

Avec Gaétan, on passe des journées entières à baiser. J’ai des sentiments pour lui, mais il s’est inscrit à une école de gendarme à la rentrée, loin de Marseille. Je verse une petite larme à son départ. C’est mon premier chagrin d’amour.

De mon côté, je me suis inscrit à la fac de lettres d’Aix-en-Provence pour la rentrée d’octobre et j’ai obtenu une chambre en cité universitaire. À moi l’indépendance et la vie étudiante.

Je suis tellement heureux.


[1] Dawson : série américaine populaire entre 1998 et 2003, diffusée en France sur TF1.

Extrait du livre T’as pas le sida j’espère?!

Crédit photo : AIDES

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