Réseaux Sociaux : liberté ou prison?

Presque 3 mois de silence, 3 mois que je n’ai pas écrit pour le blog. Ça me manquait mais je n’ai pas chômé !

En janvier, j’ai lancé mon site Parcours Positif. En février j’ai rejoint l’équipe de l’association Vers Paris sans sida en tant que community manager et j’ai eu droit à ma chronique mensuelle dans AgendaQ. Et en mars j’ai lancé les comptes du Dr Naked.

Peu après j’ai fait une petite surdose de réseaux sociaux. Ironie du sort pour un CM!

Entre Fred Colby, Parcours Positif, Paris sans sida, Dr Naked et Jackson Dynasty (un blog sur la famille Jackson) je me suis retrouvé à gérer 4 pages FB, 4 comptes Twitter et 4 pages Instagram soit 12 comptes et autant de messageries privées qui vont avec. RIP mes notifications ! Allumer mon tel le matin devenait angoissant à l’idée de recevoir des dizaines de notifs…

Il y avait cette injonction aussi à répondre vite aux messages privés. Par exemple un « influenceur » (je déteste ce terme) m’a écrit sur ma page Instagram pro un dimanche et se plaignait de ne pas avoir de réponse immédiate. Un dimanche…

Il a fallu réagir vite : j’ai désactivé toutes mes notifications et j’ai décidé de ne plus me connecter sur mes comptes pros le soir et le weekend (personne ne me l’avait demandé mais c’était plus fort que moi je voulais répondre à tout le monde tout le temps… mauvaise idée…)

Cette overdose de réseaux sociaux était surement le contre coup d’une sur exposition entre septembre (le lancement du blog) et janvier (le lancement de Parcours Positif).

J’ai fait un petit sevrage de 10 jours en mars et j’ai aussi décidé de ne plus répondre aux attaques notamment sur Twitter qui est le réseau le plus violent (je bloque désormais de façon systématique le moindre troll).

Avec un peu de recul je réalise que mon blog a démarré vite, trop vite peut être, avec des papiers dans Hornet, Têtu, Komitid etc.

Je me suis retrouvé du jour au lendemain avec des inconnus qui venaient me parler de leur séropositivité en message privé. C’était hyper touchant mais frustrant aussi car je ne pouvais pas faire des réponses de qualité à tout le monde (j’étais en formation au même moment).

Certains voulaient me rencontrer aussi. J’ai rencontré 4/5 personnes qui m’ont contacté via les RS et puis j’ai du apprendre à dire non. Quelqu’un m’a dit « tu n’es pas une association à toi tout seul ».

Il y a eu des moments compliqués aussi. Des attaques d’anonymes sur Twitter (mon slogan #serofierté a même été repris en #zérofierté par un troll), des critiques de certains dans mon entourage qui ont trouvé que j’étais trop exposé. Et le silence assourdissant de mon frère…

Mine de rien tout ceci m’a atteint. Je donne peut-être l’impression d’être quelqu’un de très fort et sûr de moi. Mais en réalité je manque de confiance en moi, je doute beaucoup, souvent. Je me remets en question constamment. Je me suis même remis en question sur ma reconversion professionnelle en tant que CM.

Est-ce que ce métier est vraiment pour moi si je n’arrive pas à déconnecter et prendre de la distance ?

Le seul qui connait mes vulnérabilités et ma sensibilité à fleur de peau c’est mon homme.

Il a une force et un calme (apparent) incroyables. Quand j’ai des doutes, des angoisses. Il me rassure, il m’apaise, il me fait rire. J’ai beaucoup de chance de l’avoir. C’est à la fois mon confident, mon amoureux et mon roc.

Au final je pense que, comme tout, les réseaux sociaux sont ce qu’on décide d’en faire. Ils m’ont permis d’exprimer pleins de choses importantes, de faire mon coming out séropo, de lancer mon blog et mon site, de faire du plaidoyer sur la sérophobie et de rencontrer de belles personnes.

Mais il faut arriver à se préserver, faire des pauses, désactiver les notifications., déconnecter des comptes pros le soir et le week-end et des comptes persos quand on est avec nos ami.e.s pour mieux profiter de l’instant présent.

De plus en plus j’essaye de mettre mon tel en mode avion quand je suis au ciné, au sauna ( 😇) au musée ou à un concert. Je prends rarement des photos quand je suis à un évènement culturel, j’essaye de profiter de ces moments à travers mes yeux et pas à travers un tel.

D’ailleurs je ne supporte pas ces marées de smartphones quand on va au musée ou en concert. Les gens ne savent plus profiter de l’art avec leurs yeux. Je me souviens d’un concert de Beyoncé dans la fosse où une jeune fille a passé TOUT le concert à filmer les écrans avec son tel sans pouvoir danser. Une vidéo d’une qualité médiocre bien sur.

La nouvelle génération ne laisse rien présager de bon. Ma nièce avait déjà un compte FB et Insta à 10 ans et se mettait déjà en scène. Je sais, ça fait vieux con de dire ça mais je me demande quelle sera la prochaine étape? The Truman Show et Black Mirror deviennent de plus en plus réels et c’est flippant…

Pour finir sur une note positive, la bonne nouvelle c’est que mon blog a fait des bébés! Je vous suggère fortement de vous abonner aux blogs Journal Positif de Rémi et Vi(h)vant de Philippe.

Ils m’ont confié que je les avais inspirés et motivés à se lancer dans cet exercice. Ils ont une très jolie plume et pleins de choses à dire.

De mon côté je vais mieux, les semaines à venir seront chargées avec la fin de ma formation de CM mais je vais essayer d’écrire plus et de me connecter moins. J’ai dit essayer 😉

1 réflexion au sujet de “Réseaux Sociaux : liberté ou prison?”

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