TRAITEMENTS DU FUTUR

En PrEP

CAB LA (Apretude) tous les deux mois

Apretude est disponible aux États-Unis depuis janvier 2022. L’Agence européenne des médicaments (EMA) a annoncé l’autorisation d’Apretude en septembre 2023. Commercialisé en France en mars 2026.

CAB LA (Apretude) tous les quatre mois

Croi 2024 : Notons dans les tuyaux, les toutes premières données sur le cabotégravir à action ultra-longue (nom de code CAB-ULA pour ultra long acting) avec une injection tous les quatre mois en Prep (au lieu de deux mois actuellement). La firme ViiV Healthcare, l’unité de GSK spécialisée dans le VIH, prévoit de mener des essais cliniques à grande échelle dans le courant de l’année. « Cette nouvelle formulation du cabotégravir, avec une concentration plus élevée et une demi-vie au moins deux fois plus longue, nous met sur la voie d’une administration tous les quatre mois pour le traitement du VIH et la Prep », a déclaré Kimberly Smith, responsable de la recherche et du développement chez ViiV, dans un communiqué de presse. La firme pharmaceutique a pour objectif de mettre sur le marché le premier traitement à action ultra-longue en Prep en 2026, suivi d’un traitement similaire pour le traitement du VIH en 2027.

Lénacapavir tous les six mois

Nom commercial : Yeztugo (aux États-Unis) et Yeytuo (en Europe)

Disponibilité : Le lénacapavir est commercialisé comme Prep aux États-Unis depuis juin 2025, sous le nom Yeztugo. Cette Prep a reçu une autorisation de mise sur le marché (AMM) de la Commission européenne fin août 2025 sous le nom Yeytuo. Cette autorisation couvre l’Union européenne (incluant la France). Sa commercialisation et son remboursement en France dépendra du calendrier des autorités françaises (HAS) + et des négociations de prix entre l’État et l’industriel (Comité économique des produits de santé).

Lénacapavir en injection annuelle

14/03/2025 (POZ) : Once-Yearly Lenacapavir Looks Promising for HIV PrEP

Croi 2025 : Gilead a profité de la Croi pour annoncer les premières données cliniques de ce traitement en injection une fois par an. L’annonce, doublée d’une publication dans The Lancet a été présentée par Renu Singh (Gilead Sciences, Foster City, États-Unis). Le lénacapavir a déjà démontré une efficacité dans un essai de phase 3 (essai Purpose) lorsqu’il est administré en injection sous-cutanée tous les six mois. Afin d’évaluer la possibilité d’une administration encore plus espacée, une étude en cours examine deux nouvelles formulations du lénacapavir administrées par une seule injection intramusculaire annuelle. Formulation une avec 5 % d’éthanol et formulation deux avec 10 % d’éthanol chez 20 participants-es dans chaque groupe. Dans cette étude menée en ouvert, des volontaires séronégatifs-ves ont reçu une injection unique de l’une des deux formulations de lénacapavir à une concentration de 500 mg/mL. L’évolution des concentrations du médicament dans le sang a été surveillée pendant plus d’un an afin d’évaluer la pharmacocinétique (c’est-à-dire la manière dont le médicament est absorbé, distribué et éliminé par l’organisme) ainsi que la sécurité et la tolérance du traitement. Les premiers résultats montrent que, pour la première formulation testée, la concentration maximale de lénacapavir dans le sang est atteinte environ douze semaines après l’injection. Après douze mois, la concentration résiduelle moyenne du médicament reste largement supérieure au seuil d’efficacité, dépassant même celle observée avec l’injection sous-cutanée semestrielle actuellement étudiée. Les résultats préliminaires pour la deuxième formulation sont similaires et suggèrent qu’elle pourrait également maintenir des niveaux efficaces de lénacapavir sur une année complète. En termes de tolérance, les effets indésirables rapportés étaient majoritairement légers à modérés et comparables entre les deux groupes. Le principal effet observé était une douleur au point d’injection, ressentie par environ 75 % des participants-es. Cette douleur, généralement légère, disparaissait en moins d’une semaine et pouvait être atténuée par l’application d’une poche de glace avant l’injection. Aucun effet indésirable grave n’a été signalé, ce qui suggère un bon profil de sécurité pour ces nouvelles formulations. Les prochaines étapes incluront une comparaison avec les données issues de l’essai de phase 3 sur l’injection semestrielle de lénacapavir, afin de déterminer si cette nouvelle approche annuelle pourrait être intégrée aux stratégies de prévention du VIH à grande échelle.

MK-8527 (Merck/MSD) : un comprimé oral par mois.

Croi 2026 : Une Prep en un seul comprimé par mois ? Le bon dosage du MK-8527
Une session de la journée était consacrée aux essais cliniques sur les nouvelles formes de Prep à longue durée d’action. Beaucoup d’espoirs sont fondés sur une nouvelle Prep orale en un seul comprimé par mois : le MK-8527 développé par le laboratoire pharmaceutique Merck/MSD. Cette molécule appartient à une nouvelle génération d’antirétroviraux qui bloquent la transcriptase inverse du VIH, enzyme indispensable à la réplication du virus. Une fois ingéré, le médicament est transformé dans les cellules en une forme active capable d’empêcher l’installation de l’infection. L’enjeu est maintenant de déterminer, à partir des essais précoces déjà menés, quelle dose serait la plus pertinente à tester à grande échelle en phase 3.

Pour y parvenir, les chercheurs-ses ont combiné les résultats de phases précoces de développement : cinq essais de phase 1 et une étude de phase 2 menée chez des volontaires à faible risque d’exposition. À l’aide de modèles sophistiqués, ils-elles ont simulé le comportement du médicament dans l’organisme, en suivant notamment la concentration de sa forme active dans certaines cellules immunitaires. L’objectif était de maintenir ce taux au-dessus d’un seuil considéré comme protecteur contre le VIH. Parmi les doses évaluées, 11 mg une fois par mois apparaît comme le meilleur compromis entre efficacité et tolérance. Selon les projections, cette dose permettrait d’atteindre un niveau jugé protecteur chez au moins 95 % des participants-es, et ce à plusieurs moments clés du cycle mensuel, y compris juste avant la prise suivante. Autrement dit, le traitement conserverait une marge de sécurité en fin de mois. Autre élément notable : ni l’âge ni le sexe ne semblent modifier significativement l’exposition au médicament, tandis que le poids a été intégré dans les calculs. Les simulations suggèrent également que cette dose resterait protectrice pendant la grossesse, un point crucial dans une perspective de déploiement de la Prep chez les femmes, à condition que tolérance et sécurité pour le fœtus suivent. Chez les personnes présentant une insuffisance rénale légère, les concentrations attendues seraient comparables à celles observées chez des personnes en bonne santé. Enfin, le schéma à 11 mg devrait être adapté et globalement bien toléré chez les adolescents-es et adultes pesant au moins 35 kilos. Les modélisations indiquent même qu’en cas de retard de prise, une semaine supplémentaire de protection pourrait être maintenue, un atout non négligeable dans la « vraie vie ». Deux essais de phase 3 (voir encart ci-dessous) sont désormais en cours pour confirmer, cette fois en conditions réelles, l’efficacité et la sécurité de ce comprimé mensuel.

EXPrESSIVE 10 et 11 : deux essais pour tester une nouvelle Prep mensuelle
Les essais de phase 3 EXPrESSIVE 10 et 11 évaluent une nouvelle stratégie de Prep reposant sur le MK-8527, une molécule destinée à être prise une fois par mois. Ces études comparent le MK-8527 à la Prep orale de référence, le Truvada (TDF/FTC), dans le cadre d’essais randomisés en double aveugle, c’est-à-dire que les participants-es sont répartis au hasard dans deux groupes sans que ni eux ni les chercheurs-ses ne sachent quel traitement leur est donné : un groupe reçoit le MK-8527 et un placebo imitant le Truvada, l’autre le Truvada et un placebo imitant le MK-8527. L’objectif est d’évaluer l’efficacité pour prévenir l’infection par le VIH, mais aussi la sécurité et la tolérance du traitement. EXPrESSIVE 10 inclut environ 4 580 femmes cisgenres âgées de 16 à 30 ans au Kenya, en Afrique du Sud et en Ouganda. EXPrESSIVE 11 concerne environ 4 390 hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH), personnes transgenres et personnes non binaires, dans 16 pays répartis en Amérique latine, en Afrique, en Asie, en Europe (dont un site en France) et aux États-Unis. Les inclusions ont débuté en août 2025 et le suivi doit se poursuivre jusqu’en 2027.

29/08/2025 : Elle va faire l’objet d’essais de phase 3 (EXPrESSIVE 10 et 11) avec un site en France. Les essais comparent le MK et le Truvada (FTC/TDF). Ce sont des essais randomisés en double aveugle : un bras prend du MK + un placebo de Truvada et l’autre bras prend du Truvada + un placebo de MK. Inclusions prévue. EXPrESSIVE 10 sera conduit sur des femmes cis au Kenya, Afrique du Sud et Ouganda. EXPrESSIVE 11 sera conduit des HSH, personnes trans et personnes non-binaires en Argentine, Brésil, Chili, Colombie, République Dominicaine, France, Guatemala, Kenya, Malaisie, Pérou, Philippines, Afrique du Sud, Suisse, Thaïlande, Etats Unis et Vietnam. Inclusions qui ont commencées en août 2025.

Source

IAS 2025/Juillet 2025 : MK-8527 : une Prep en comprimé oral une fois par mois ?

Présentée en conférence de presse plus tôt dans la journée, la nouvelle molécule MK-8527 pourrait bien bousculer les standards actuels de LA (Long Acting) Prep. Développé par le laboratoire Merck/MSD, ce comprimé oral à prendre une fois par mois inaugure une approche inédite dans le champ de la Prep à longue durée d’action. La Dre Rebeca Plank, scientifique au sein du département Global Clinical Development de Merck, a donné les premiers résultats d’un essai de phase 2 : « Les résultats montrent un profil de sécurité et de tolérance favorable, avec des données pharmacocinétiques soutenant une administration orale mensuelle dans nos études de phase 3 ». Autrement dit, la pilule mensuelle fonctionne, semble bien tolérée et va bientôt entrer dans une phase d’évaluation clinique plus large. La molécule MK-8527 appartient à la classe des inhibiteurs nucléosidiques de la translocation de la transcriptase inverse (NRTTI). L’étude de phase 2 a testé des doses allant jusqu’à 12 milligrammes pendant six mois. Résultat ? « Une sécurité et une tolérabilité similaires à celles du placebo », précise la chercheuse. Les effets indésirables les plus fréquemment rapportés — nausées et maux de tête — étaient répartis de façon similaire entre les personnes prenant le placebo et celles recevant le médicament, quel que soit le dosage. « Même à la dose de 12 milligrammes pendant six mois, le taux de lymphocytes restait comparable à celui du placebo », a insisté la Dre Plank. Cette précision est importante après ce qui s’est passé en 2021 avec islatravir, la molécule phare du laboratoire, qui avait connu une mise à l’arrêt brutale en raison d’une baisse anormale des lymphocytes. Les essais cliniques sur islatravir ont pu reprendre par la suite avec des doses plus faibles. Merck/MSD avance ici une option sans injection, plus simple à stocker, à administrer et potentiellement plus acceptable pour certaines populations. « L’alternative orale mensuelle du 8527 pourrait représenter un changement de paradigme », a déclaré la Dre Plank. « Nous espérons que cette option offrira une solution à la fois facile à utiliser et compatible avec les systèmes de santé, pouvant être largement disponible dans différents contextes ». Deux vastes essais cliniques de phase 3, baptisés EXPrESSIVE, sont sur le point d’être lancés à l’automne, en partenariat avec la Fondation Gates et le Centre international de recherche clinique de l’Université de Washington. Leur objectif : évaluer l’efficacité préventive du MK-8527 auprès des populations les plus exposées au VIH. Merck/MSD affirme vouloir avancer à un rythme rapide : « Nous suivons des calendriers très ambitieux et optimistes », conclut la Dre Plank, qui appelle à la patience…

CAB (cabotégravir) + MPA (acétate de médroxyprogestérone) (Viiv) pour la contraception, testé sur un modèle animal.

Croi 2025 : Cette étude a évalué un implant combinant le CAB (cabotégravir) pour la prévention du VIH et le MPA (acétate de médroxyprogestérone) pour la contraception, testé sur un modèle animal (le singe macaque). Actuellement, les options disponibles impliquent, soit des comprimés quotidiens, soit des injections à distance, voire des anneaux vaginaux, mais aucune ne combine ces deux fonctions en un seul dispositif. L’implant testé assure une diffusion prolongée des deux molécules pendant plus de six mois, avec une suppression complète et réversible de l’ovulation chez les macaques. Il est bien toléré, totalement amovible en trois mois et présente une faible migration au-delà de six mois. Ces résultats prometteurs ouvrent la voie au développement d’une solution injectable combinée, offrant une protection à long terme contre le VIH et une contraception efficace pour les femmes doublement exposées à un risque de grossesse non désirée et de contracter le VIH.

En traitement VIH

BITHERAPIE CABOTEGRAVIR + LENACAPAVIR

01/07/2025 (Nature) : Potential impact and cost-effectiveness of long-acting injectable lenacapavir plus cabotegravir as HIV treatment in Africa

Bithérapie islatravir + ulonivirine

22/07/2025 : Efficacité virologique démontrée de la bithérapie islatravir + ulonivirine à S24 dans un essai de phase 2b

L’ulonivirine (ULO) est un nouvel inhibiteur non nucléosidique de la transcriptase inverse, à longue durée d’action, permettant une prise hebdomadaire. L’islatravir (ISL), quant à lui, est un inhibiteur nucléosidique de la translocation de la transcriptase inverse, également à longue demi-vie, mais dont la toxicité sur les lymphocytes totaux, et notamment les lymphocytes T CD4+ (CD4+), a déjà été rapporté à fortes doses. La bithérapie ISL + ULO confirme son efficacité virologique à la semaine 24 en maintenant une charge virale indétectable. Cependant, comme dans d’autres études utilisant 20 mg d’ISL par semaine, une déplétion lymphocytaire réversible a été observée. Ces résultats motivent la poursuite des essais, cette fois avec une dose hebdomadaire d’ISL réduite à 2 mg.

La bithérapie ISL + ULO confirme son efficacité virologique à S24 en maintenant une CV indétectable. Ces résultats motivent la poursuite des essais avec une dose hebdomadaire d’ISL réduite à 2 mg

21/07/2025, 2025 : Broadly neutralising antibodies plus immune modulator may delay HIV rebound

More than half of people who received a pair of broadly neutralising antibodies (bnAbs) plus the immune-modulating drug N-803 (Anktiva) had delayed viral rebound or maintained a low or suppressed viral load during antiretroviral treatment interruption, according to study results presented at the 13th International AIDS Society Conference on HIV Science (IAS 2025).

Lénacapavir + deux anticorps neutralisants (le téropavimab et le zinlirvimab) (Gilead), administré tous les six mois en IV

Croi 2025 : Si le lénacapavir a montré sa grande efficacité en monothérapie Prep (voir plus bas), les chercheurs-ses n’ont pas encore trouvé son ou ses « partenaires » pour en faire un traitement VIH à longue durée d’action. Une étude de phase 2 présentée par Onyema Ogbuagu (Yale University, New Haven, États-Unis) a testé un nouveau traitement injectable contre le VIH, combinant le lénacapavir et deux anticorps neutralisants (le téropavimab et le zinlirvimab), administré en intraveineuse tous les six mois. L’objectif était de comparer son efficacité et sa tolérance à celles des traitements antirétroviraux oraux quotidiens classiques. Parmi les 53 participants-es ayant reçu cette nouvelle combinaison, 96 % ont maintenu une charge virale indétectable après 26 semaines, un taux équivalent à celui des 27 participants-es ayant poursuivi leur traitement habituel.
Un seul participant a connu un rebond avec des résistances aux anticorps et au lénacapavir. Les effets indésirables ont été globalement bénins, se limitant principalement à des réactions légères au point d’injection en sous cutané (37 % des participants-es), sans complications graves ni abandons au cours de l’essai pour raisons médicales. En parallèle, le nombre de cellules CD4, indicateur clé de l’efficacité du système immunitaire, s’est maintenu, voire légèrement amélioré. Ces résultats encourageants ouvrent la voie à un traitement potentiellement plus pratique, réduisant la contrainte de prise quotidienne et facilitant l’observance des personnes, notamment celles pour qui la discrétion et la régularité du traitement sont un défi.

VH-499 (Viiv) : un nouvel anti-capside

Croi 2026 : VH-499 : un nouvel anti-capside testé en injections tous les six mois
Un nouvel anti-capside du VIH (même famille que le lénacapavir), baptisé VH4011499 (VH-499), pourrait ouvrir la voie à des traitements injectables administrés seulement tous les quatre mois, voire six. Ce traitement développé par le laboratoire ViiV fait l’objet d’une première étude chez l’humain évaluant une formulation injectable à action ultra-longue durée. Jusqu’ici testé par voie orale avec des résultats jugés rapides, puissants et bien tolérés chez des personnes vivant avec le VIH, VH-499 est désormais étudié en injection intramusculaire (dans le muscle) ou sous-cutanée (sous la peau), avec l’objectif de simplifier encore les prises en charge. Dans cet essai de phase 1, 48 volontaires séronégatifs-ves ont reçu une dose unique de 100, 200 ou 400 mg du produit, ou un placebo, selon un protocole randomisé et en double aveugle (c’est-à-dire que les participants-es sont répartis au hasard dans deux groupes sans que ni eux ni les chercheurs-ses ne sachent quel traitement leur est donné). L’âge médian des participants-es était de 36 ans, la grande majorité étaient des hommes, et quatre sur dix s’identifiaient comme non-Blancs. Premier enseignement rassurant : la tolérance apparaît globalement bonne. Les effets indésirables observés étaient le plus souvent légers à modérés. Sans surprise pour une formulation injectable, il s’agissait surtout de réactions au point d’injection, principalement des douleurs locales, rapportées chez environ trois quarts des personnes ayant reçu le traitement. Ces effets ont été transitoires, durant en médiane un à trois jours. Les réactions locales étaient plus fréquentes avec l’injection sous-cutanée qu’intramusculaire, mais aucun effet indésirable grave n’a été signalé et aucun-e participant-e n’a interrompu l’étude pour des raisons de sécurité. Sur le plan pharmacologique, les données montrent une diffusion progressive du médicament dans l’organisme. Après injection intramusculaire, la concentration maximale dans le sang est atteinte en une à deux semaines environ. En revanche, avec l’injection sous-cutanée, l’absorption est beaucoup plus lente : le pic de concentration survient en moyenne près de quatre mois après l’administration. Cette absorption étalée dans le temps suggère un profil dit « plat », c’est-à-dire des concentrations relativement stables sur la durée, un élément clé pour envisager des intervalles d’injection espacés. À ce stade, les chercheurs-es ne peuvent pas encore déterminer précisément la durée totale de persistance du médicament, faute de recul suffisant, mais les premières modélisations laissent entrevoir la possibilité d’un schéma d’administration d’au moins quatre mois entre deux injections. Si ces résultats se confirment dans des essais ultérieurs menés chez des personnes vivant avec le VIH, VH-499 pourrait rejoindre la nouvelle génération d’antirétroviraux injectables à longue durée d’action. Les phases 2 seront initiées fin 2026. Dans le public, une personne a posé la question de la valeur ajoutée de ce nouveau traitement par rapport au lénacapavir (développé par Gilead) qui utilise le même mécanisme. Pas de réponse de la personne qui a présenté ces études.

Croi 2025 : Le lénacapavir de Gilead était le premier traitement de la famille des anti-capside, mais voilà qu’arrive son « petit frère », VH-499, un nouvel anti-capside présenté à la Croi par Paul Benn, (ViiV Healthcare, Brentford, Royaume-Uni). Cette molécule a été testée dans une étude clinique de phase 2a visant à évaluer son efficacité antivirale, sa sécurité et sa tolérance. L’essai, réalisé en double aveugle et contrôlé par placebo (ni les participants-es, ni leurs soignants-es ne savaient qui prenait le traitement ou le placebo), a inclus 23 participants-es adultes vivant avec le VIH, n’ayant jamais reçu de traitement antirétroviral et présentant une charge virale élevée (supérieure ou égale à 3000 copies/mL). Ils-elles ont été répartis-es en quatre groupes recevant soit une dose orale de VH-499 (25 mg, 100 mg ou 250 mg) aux premier et sixième jour de l’essai, soit un placebo. Après cette phase de monothérapie de dix jours, tous-tes les participants-es ont été mis-ses sous un traitement antirétroviral standard. Les résultats ont montré une réduction significative de la charge virale dès les premiers jours de traitement, avec une efficacité proportionnelle à la dose administrée. La diminution moyenne maximale de la charge virale du VIH a atteint -2,2 log10 c/mL pour la dose de 250 mg, contre -1,8 log10 c/mL pour les doses de 25 mg et 100 mg. Cette corrélation entre la dose et l’effet antiviral confirme que VH-499 est un inhibiteur puissant du VIH. De plus, le traitement a été bien toléré. Aucun effet indésirable grave, aucun arrêt du traitement ni aucun décès n’ont été signalés. Les analyses biologiques n’ont révélé aucune anomalie clinique significative, et aucun signe de résistance au VH-499 n’a été détecté. Ces résultats préliminaires confirment, à ce stade, le potentiel de VH-499 comme traitement antirétroviral à longue durée d’action. Ces données encouragent la poursuite des recherches pour intégrer VH-499 dans un schéma thérapeutique complet, avec l’objectif de proposer une alternative durable et efficace aux traitements actuels.

VH-184 (Viiv) : Anti-intégrase de troisième génération

Croi 2026 : VH-184 : un nouvel injectable testé pour des injections semestrielles

VH-184, appartient à la famille des anti-intégrase, ces molécules bloquent une étape clé de la réplication du VIH en empêchant le virus d’intégrer son matériel génétique dans les cellules. Développé comme un anti-intégrase de troisième génération par ViiV, VH-184 afficherait en laboratoire une meilleure barrière à la résistance que les traitements injectables actuels. Après des résultats prometteurs en formulation orale chez des personnes vivant avec le VIH, les chercheurs-ses ont cette fois évalué, pour la première fois chez l’humain, des versions injectables à longue durée d’action chez des volontaires séronégatifs-es. L’objectif : vérifier la tolérance et mesurer la durée de présence du médicament dans l’organisme afin d’envisager des injections espacées chez des PVVIH. Dans cet essai de phase 1, randomisé et contre placebo, 39 adultes ont reçu une injection unique, soit sous la peau, soit dans le muscle, selon deux formulations différentes. Les effets indésirables observés ont surtout concerné le point d’injection : rougeurs, douleurs ou petits nodules, le plus souvent légers. Deux réactions plus marquées ont été signalées, sans remettre en cause la poursuite de l’étude. Côté pharmacologie, la première formulation a atteint son pic sanguin en trois jours environ et présente une demi-vie médiane de sept semaines, ce qui signifie que la concentration diminue lentement sur plus d’un mois et demi. La seconde formulation, absorbée plus progressivement, maintient des concentrations stables jusqu’à sept mois après l’injection, sans que sa demi-vie complète puisse encore être calculée. En s’appuyant sur des modélisations mathématiques, les chercheurs-es ont simulé différents rythmes d’administration. Leurs projections suggèrent que la première version pourrait permettre des injections mensuelles ou bimestrielles, tandis que la seconde ouvrirait la voie à un schéma semestriel. Autrement dit, deux injections par an pourraient suffire pour maintenir des niveaux jugés efficaces. La phase 2 commencera en avril 2026.

Croi 2025 : Un nouvel antirétroviral à longue durée d’action, VH-184, a montré des résultats prometteurs dans une étude clinique de phase 2a présentée par Luise Rogg (ViiV Healthcare, Durham, États-Unis). Cet anti-intégrase de troisième génération est développé pour être plus résistant aux mutations du VIH que les traitements actuels tels que le dolutégravir. Il a été testé en monothérapie sur 22 participants-es vivant avec le VIH et n’ayant jamais reçu de traitement antirétroviral. Pendant dix jours, les volontaires ont reçu soit une des trois doses de VH-184 (10 mg, 50 mg ou 300 mg) par voie orale, soit un placebo, avant d’être mis-es sous traitement standard. L’objectif principal de l’étude était de mesurer la baisse de la charge virale jusqu’au jour dix, tandis que les critères secondaires incluaient la sécurité, la tolérance et l’apparition éventuelle de résistances. Les résultats montrent une diminution significative de la charge virale, atteignant en moyenne -1,17 log10 c/mL avec la dose de 10 mg, -2,15 log10 c/mL avec 50 mg et -2,31 log10 c/mL avec 300 mg, soit une réduction de plus de 99 % de la présence du virus dans le sang chez les personnes ayant reçu la dose la plus élevée. Un lien clair entre la dose administrée et l’efficacité antivirale a été observée, suggérant, à ce stade, un fort potentiel du VH-184 en tant que traitement à action prolongée. Par ailleurs, aucun signe de résistance au médicament n’a été détecté à la fin des dix jours de monothérapie, ce qui est un indicateur clé pour une efficacité à long terme. Côté sécurité, VH-184 a été bien toléré par les participants-es. Les effets indésirables ont été rares et modérés, avec seulement deux cas de vomissements légers signalés parmi des personnes ayant reçu le traitement. Aucun effet indésirable grave, aucune réaction sévère ni aucun abandon de traitement n’ont été rapportés.

Bithérapie doravirine/islatravir en comprimés quotidiens

Croi 2026 : bithérapie islatravir/ doravirine aussi efficace que le Biktarvy
Une nouvelle association antirétrovirale combinant doravirine et islatravir pourrait élargir l’arsenal thérapeutique en première intention contre le VIH. Les résultats à 48 semaines d’un essai international de phase III montrent que cette bithérapie expérimentale (100 mg de doravirine et 0,25 mg d’islatravir en une prise orale quotidienne) n’est pas inférieure au traitement de référence à base de bictegravir, emtricitabine et ténofovir alafénamide (Biktarvy), aujourd’hui largement prescrit. L’étude a inclus 536 adultes jamais traités-es auparavant, avec une charge virale d’au moins 500 copies/mL au départ. Les participants-es, d’un âge moyen de 34 ans, comprenaient 25 % de femmes cis et près d’un tiers de personnes noires. Certaines personnes présentaient des situations cliniques plus complexes : 17 % avaient un taux de CD4 inférieur à 200 cellules/mm³ et plus d’un tiers une charge virale dépassant 100 000 copies/mL, dont 12 % au-delà de 500 000 copies. Après 48 semaines de traitement, 91,8 % des personnes sous doravirine/islatravir avaient une charge virale indétectable (moins de 50 copies/mL), contre 90,6 % dans le groupe recevant le traitement standard. L’écart observé reste dans la marge fixée pour conclure à une efficacité comparable. Fait notable : chez les personnes ayant une charge virale initiale très élevée (au-dessus de 100 000, voire 500 000 copies) la nouvelle combinaison doravirine/islatravir obtient des taux de succès similaires, voire numériquement supérieurs au Biktarvy, même si l’étude n’était pas conçue pour démontrer une supériorité. Les échecs virologiques sont restés rares. Six cas ont été observés dans le groupe doravirine/islatravir ; parmi eux, deux personnes ayant une charge virale initiale extrêmement élevée (au-delà d’un million de copies) ont développé des mutations conférant une résistance à la doravirine, mais sans perte d’efficacité de l’islatravir. Dans le groupe Biktarvy , neuf personnes présentaient une charge virale détectable à 48 semaines, sans apparition de résistances nouvelles. Sur le plan immunologique, la remontée des CD4 a été similaire dans les deux groupes. Côté tolérance, les effets indésirables liés au traitement ont concerné 14 % des participants-es sous la nouvelle combinaison et 18 % sous traitement standard ; les arrêts pour effets indésirables sont restés peu fréquents (autour de 1 à 2 %). La prise de poids moyenne, sujet de vigilance avec certains antirétroviraux récents, est comparable entre les deux stratégies, autour de trois à quatre kilos en un an. En résumé, cette association intégrant l’islatravir confirme son potentiel en initiation de traitement.

30/12/2025 : Phase 3 DOR/ISL Shows Promise for HIV Treatment

Croi 2025 : Deux essais cliniques montrent que la bithérapie doravirine/islatravir prise en comprimés quotidiens est non inférieure aux associations médicamenteuses couramment prescrites contre le VIH pour maintenir une charge virale indétectable chez les adultes vivant avec le virus. Dans la première étude, des personnes vivant avec le VIH sous Biktarvy (bictegravir/emtricitabine/ténofovir alafénamide), ont été réparties de manière aléatoire en deux groupes : soit elles continuaient leur traitement habituel, soit elles passaient à un schéma à base de doravirine/islatravir (100 mg/0,25 mg) une fois par jour. Cet essai clinique de phase 3 a recruté 513 participants-es qui avaient maintenu une charge virale depuis au moins trois mois sous Biktarvy. À la 48ᵉ semaine, 91,5 % des personnes sous doravirine/islatravir avaient une charge virale indétectable, contre 94,2 % pour le groupe sous Biktarvy. Les taux de CD4 sont restés stables dans les deux groupes, contrairement aux formulations à longue durée d’action de l’islatravir qui avaient entrainé une baisse des CD4. C’est la première combinaison sans anti-intégrase à démontrer une efficacité équivalente à une trithérapie incluant cette classe.
Dans la deuxième étude, des personnes vivant avec le VIH avec une charge virale indétectable sous des traitements antirétroviraux comprenant deux ou trois médicaments ont été réparties de manière aléatoire pour continuer leur traitement actuel ou passer à doravirine/islatravir (100 mg/0,25 mg). Cet essai de phase 3 a recruté 551 participants-es dont la charge virale était indétectable pendant au moins trois mois. Environ 64 % des participants-es prenaient un anti-intégrase, tandis que 30 % suivaient un traitement à base d’inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase inverse (INNTI) avant d’intégrer l’étude. À la 48ᵉ semaine, 95,6 % des personnes sous doravirine/islatravir avaient une charge virale indétectable contre 91,9 % pour le groupe sous leur traitement d’origine. Ces résultats suggèrent que cette bithérapie pourrait être une alternative efficace et bien tolérée aux traitements conventionnels du VIH.

VH3810109 : un anticorps bloquant la fixation du VIH sur les cellules CD4

Croi 2026 : La combinaison VH3810109 (N6LS) + cabotégravir injectable à action prolongée
L’étude EMBRACE évalue une stratégie dite « ultra-longue durée d’action » combinant un anticorps neutralisant expérimental, le VH3810109 (N6LS), et le cabotégravir injectable à action prolongée. Concrètement, des adultes vivant avec le VIH déjà en charge virale indétectable (inférieure à 50 copies/mL) et dont le virus était sensible à cet anticorps ont été répartis en trois groupes : N6LS par perfusion intraveineuse tous les quatre mois associé à du cabotégravir mensuel, N6LS en injection sous-cutanée tous les quatre mois avec le même cabotégravir, ou poursuite de leur traitement antirétroviral habituel. Après douze mois de suivi, la grande majorité des participants-es sont restés avec une charge virale indétectable. Seuls 6 % des personnes dans le groupe intraveineux et 10 % dans le groupe sous-cutané présentaient une charge virale repassée au-dessus de 50 copies/mL à un an, des proportions proches de celles observées chez les personnes restées sous traitement standard (4 %). Les échecs virologiques confirmés (c’est-à-dire une reprise durable du virus) sont restés rares dans les trois groupes. Sur le plan de la sécurité, aucune complication grave liée à l’anticorps n’a été signalée. En revanche, des réactions importantes au point d’injection ont été observées avec la voie sous-cutanée (16 %), alors qu’aucune réaction sévère n’a été rapportée avec la perfusion intraveineuse. Quelques arrêts de traitement ont été enregistrés, surtout dans le groupe sous-cutané. Malgré ces différences de tolérance, les personnes traitées par N6LS ont globalement jugé le schéma acceptable. Pour les chercheurs-ses, ces résultats intermédiaires suggèrent qu’une administration intraveineuse tous les quatre mois de cet anticorps, en association avec le cabotégravir mensuel, pourrait constituer à terme une alternative crédible aux traitements quotidiens, à condition que le virus soit initialement sensible.

Croi 2025 : L’étude EMBRACE a évalué le VH3810109, un anticorps bloquant la fixation du VIH sur les cellules CD4, chez des personnes vivant avec le VIH en contrôle virologique (charge virale indétectable). Ce traitement, administrable en intraveineuse ou en sous-cutané grâce à un agent facilitant son absorption, a été testé en phase 2. L’essai a comparé trois groupes de 50 participants-es recevant soit VH3810109 par intraveineuse ou en sous-cutané tous les quatre mois, en combinaison avec du cabotégravir (CAB) injectable en intramusculaire (IM) tous les quatre mois, soit un traitement oral. Deux cas d’échec virologique avec mutations de résistance ont été observés dans les groupes par intraveineuse et en sous-cutané. Quelques réactions aux sites d’injection ont été signalées, mais la tolérance globale était bonne, avec un meilleur profil en intraveineuse.

GS-1720 : un nouvel anti-intégrase prometteur pour un usage hebdomadaire

Croi 2024 : Ce nouvel anti-intégrase de Gilead serait éligible pour un usage d’un comprimé par semaine. Le GS-1720 pourrait être combiné avec le lénacapavir, un nouvel inhibiteur de capside à action prolongée, déjà approuvé sous le nom de Sunlenca. La demi-vie de la molécule GS-1720 est de 9,4 jours. L’étude de phase 1b a testé quatre doses uniques de GS-1720 (30 mg, 150 mg, 450 mg, 900 mg) pour évaluer la sécurité et l’activité antivirale chez les personnes vivant avec le VIH. Chaque dose a été testée chez sept participants. Les personnes étaient éligibles pour participer à l’étude si leur charge virale se situait entre 5 000 et 500 000 copies/ml, si elles n’avaient jamais été traitées auparavant ou si elles n’avaient pas déjà reçu de traitement pendant au moins 12 semaines et si elles n’avaient aucune expérience antérieure d’un traitement par inhibiteur de l’intégrase. Les chercheurs-ses ont évalué la baisse de la charge virale en 11 jours (28 personnes). À onze jours, les baisses sont entre -1,74 à -2, 44 log. Au global, il a été observé plus de 2 log de baisse de la charge virale sur l’ensemble des doses. À noter, un participant a fait une fibrillation auriculaire (liée à la molécule?), sinon rien à signaler de grave. Gilead a plusieurs autres médicaments à action prolongée en développement, dont un deuxième inhibiteur oral de la capside (GS-4182) et un inhibiteur NNRTI oral (GS-5894) adapté à une administration en une fois par semaine.

Lénacapavir + islatravir en un seul comprimé par semaine?

23/12/2025 (POZ) : Weekly Oral HIV Treatment Looks Good at Two Years

Octobre 2024 : Des résultats prometteurs ont été présentés le 19 octobre lors du congrès scientifique IDWeek 2024 à Los Angeles. L’essai évaluait la bithérapie lénacapavir + islatravir en comprimé une fois par semaine comme nouveau traitement pour les personnes prenant actuellement la trithérapie Biktarvy (bictégravir/ténofovir alafénamide/emtricitabine) en une prise orale quotidienne. L’essai de phase II a recruté 104 PVVIH avec une charge virale indétectable sous Biktarvy pris quotidiennement, sans antécédents d’échec virologique et avec un taux d’au moins 350 CD4/mm3. L’âge médian était de 40 ans, environ 80 % des participants-es étaient des hommes. En terme d’origines ethniques, 50 % des PVVIH étaient blanches, 36 % noires, 29 % latinos et 7 % asiatiques, amérindienness ou insulaires du Pacifique.

Les participants-es ont été assignés-es de façon aléatoire dans deux groupes : un groupe de personnes qui restaient sous Biktarvy une fois par jour et un groupe de personnes qui passaient (switchaient) au lénacapavir (300 mg) + islatravir (2 mg) en comprimés une fois par semaine. Les résultats à 48 semaines confirment l’efficacité de la combinaison hebdomadaire lénacapavir + islatravir qui n’est pas inférieure au Biktarvy en prise orale quotidienne. Au total, 94, 2 % des personnes dans ce groupe avaient conservé une charge virale indétectable et aucune des personnes ayant changé pour le lénacapavir + islatravir n’avait une charge virale de 50 copies/ml ou plus à ce moment-là. Le taux de personnes en charge virale indétectable dans le groupe sous Biktarvy était de 92,3 %. En ce qui concerne les effets indésirables, 19, 2 % des participants-es dans le groupe lénacapavir + islatravir ont relevé des effets, les plus courants étaient la sécheresse buccale et les nausées contre 5, 8 % des participants-es dans le groupe Biktarvy. Deux participants-es ont interrompu le schéma hebdomadaire en raison d’effets indésirables non liés aux médicaments. Une surveillance attentive des taux de CD4 et du nombre total de lymphocytes n’a révélé aucune diminution cliniquement significative, ni de différences entre les deux groupes de traitement.

Un comprimé à dose fixe contenant les deux molécules est actuellement testé dans les essais de phase III ISLEND-1 et ISLEND-2. En parallèle, les essais sur le lénécapavir en Prep injectable tous les six mois continuent. À suivre…

Source : Résultats prometteurs pour un traitement VIH en un comprimé par semaine

Bithérapie bictegravir/lenacapavir (BIC/LEN)

Croi 2026 : Bictégravir/lénacapavir : une nouvelle bithérapie en comprimé unique quotidien
L’étude internationale ARTISTRY-1 apporte des données solides sur un nouveau traitement antirétroviral en comprimé unique associant bictégravir et lénacapavir (BIC/LEN). L’essai a évalué la possibilité pour les personnes sous traitement complexe mais en succès virologique, de basculer vers une prise quotidienne unique combinant deux molécules puissantes. Dans cet essai de phase 3, 557 personnes en suppression virale (charge virale indétectable) stable ont été incluses, majoritairement âgées (60 ans d’âge médian), sous traitement depuis près de trois décennies en moyenne, et souvent concernées par des comorbidités (80 % présentaient au moins une pathologie chronique comme hypertension, diabète, dyslipidémie ou insuffisance rénale). Beaucoup prenaient plusieurs comprimés par jour, parfois jusqu’à onze. Les participants-es ont été répartis-es en deux groupes : ceux passant au comprimé unique BIC/LEN et ceux poursuivant leur traitement habituel. À 48 semaines, le nouveau schéma a démontré qu’il était aussi efficace que les traitements complexes : moins de 1 % des participants-es dans chaque groupe présentaient une charge virale redevenue détectable, et plus de 95 % des personnes passées au comprimé unique conservaient une charge virale indétectable. Aucun cas d’apparition de résistance au nouveau traitement n’a été observé. Sur le plan de la tolérance, les effets indésirables liés au médicament ont été plus fréquents avec BIC/LEN (14 % contre 1,6 %), mais ils étaient le plus souvent bénins. Au-delà des données biologiques, un élément ressort nettement : la satisfaction des participants-es. Les personnes passées au comprimé unique ont rapporté une amélioration significative de leur perception du traitement, contrairement à celles restées sous schéma complexe.

15 Décembre 2025 : Gilead’s Investigational Single-Tablet Regimen of Bictegravir and Lenacapavir for HIV Treatment Meets Primary Endpoint in Phase 3 ARTISTRY-2 Trial

Gilead a annoncé hier des résultats positifs de l’essai de phase 3 ARTISTRY-2 évaluant une nouvelle bithérapie associant bictegravir et lénacapavir (BIC/LEN) en un comprimé quotidien chez des adultes vivant avec le VIH et ayant une charge virale indétectable. À 48 semaines, ce schéma expérimental s’est montré statistiquement non inférieur à Biktarvy pour le maintien de la charge virale indétectable, sans problème de tolérance nouveau ou inattendu. L’association réunit le bictegravir, anti intégrase et le lénacapavir, anti capside de première classe, sans résistance croisée connue avec les autres familles d’antirétroviraux. Pour Eric Meissner, infectiologue aux États-Unis, ces résultats suggèrent que cette combinaison « pourrait élargir les options thérapeutiques disponibles » pour les personnes vivant avec le VIH. Les données d’ARTISTRY-2 seront combinées à celles de l’essai ARTISTRY-1, déjà positives, afin de constituer les futurs dossiers de demande d’autorisation réglementaire. À ce stade, la combinaison bictegravir/lénacapavir reste expérimentale et n’est approuvée dans aucun pays.

GS-3242 : nouvelle molécule à longue durée d’action testée en injection trimestrielle

Croi 2026 : Le GS-3242 appartient à la famille des anti-intégrases. Son ambition : proposer une molécule suffisamment puissante et durable pour permettre des injections tous les trois mois, voire au-delà. Dans une première étude de phase 1 menée chez des personnes séronégatives, 26 volontaires ont reçu une injection intramusculaire unique à différentes doses. Les effets indésirables observés sont restés modérés : principalement des douleurs au point d’injection, parfois des maux de tête ou des nausées, sans anomalies biologiques préoccupantes. Autrement dit, un profil de tolérance jugé rassurant à ce stade précoce. Surtout, les analyses pharmacocinétiques montrent que le médicament se diffuse lentement dans l’organisme et s’y maintient longtemps : la concentration maximale est atteinte après plusieurs semaines et la demi-vie varie entre environ un mois et demi et presque deux mois. Ces données laissent entrevoir la possibilité d’un rythme d’administration trimestriel, ce qui constituerait une avancée notable pour les personnes confrontées à la fatigue du traitement quotidien ou à des difficultés d’observance. Une seconde étude, également de phase 1, a évalué l’activité antivirale du GS-3242 sous forme orale pendant quelques jours chez six personnes vivant avec le VIH, non traitées depuis au moins trois mois et n’ayant jamais reçu d’antiintégrase. En seulement onze jours, la charge virale a chuté en moyenne de plus de 2 log10, soit une baisse rapide et marquée, sans effets indésirables liés au traitement ni complications biologiques notables. Même si ces résultats portent sur un très petit nombre de participants et sur une période courte, ils suggèrent une activité antivirale puissante. L’enjeu, désormais, est double : confirmer la tolérance et l’efficacité sur un plus grand nombre de personnes et tester le GS-3242 en association avec une autre molécule à action prolongée pour constituer un schéma complet injectable.

10E8.4/ibalizumab : un anticorps bispécifique à l’essai en Tanzanie

Croi 2026 : Un essai de phase Ib explore une nouvelle stratégie d’immunothérapie contre le VIH reposant sur un anticorps « bispécifique », capable de viser simultanément deux cibles du virus. Baptisé 10E8.4/ibalizumab, ce candidat combine deux mécanismes : l’un s’attaque directement à l’enveloppe du VIH, l’autre bloque le récepteur CD4 des cellules immunitaires, porte d’entrée du virus. Pour faire simple, il tente d’encercler le VIH à la fois du côté de l’ennemi et de celui qu’il infecte. Menée au Mbeya Medical Research Center, en Tanzanie, entre 2023 et 2025, l’étude a inclus vingt adultes vivant avec le VIH, majoritairement des femmes jeunes, qui n’étaient pas sous traitement antirétroviral ou l’avaient interrompu depuis plusieurs mois. Leur charge virale dépassait 1 000 copies/mL et leur immunité restait relativement préservée. Les participantsèes ont été répartis-es en cinq petits groupes : l’un recevait un traitement antirétroviral oral classique, les autres une injection unique de l’anticorps expérimental, à différentes doses et par voie intraveineuse ou intramusculaire, seul ou combiné à un autre anticorps neutralisant, le VRC07-523LS. L’objectif était double : évaluer la tolérance et mesurer l’évolution de la charge virale sur deux semaines avant l’introduction d’un traitement standard pour tous-es. Sur le plan antiviral, une baisse de la charge virale a été constatée dans tous les groupes, y compris celui sous traitement oral classique. Les diminutions observées avec l’anticorps, parfois marquées, restent toutefois comparables à celles obtenues avec la trithérapie standard, sans différence statistiquement significative. Les concentrations sanguines de l’anticorps culminaient rapidement après l’injection puis diminuaient en deux semaines, suggérant un effet transitoire à ce stade du développement. En résumé, cette première évaluation clinique montre que le 10E8.4/ibalizumab, administré seul ou en combinaison, semble sûr et capable de freiner temporairement la réplication virale. Mais il ne fait pas mieux, pour l’instant, que le traitement antirétroviral quotidien.

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