1995

Janvier : Lors de la deuxième conférence de la CROI à Washington, les premiers essais cliniques à base d’antiprotéases qui ont eu lieu aux États-Unis montrent des résultats encourageants.

Mars : une circulaire du ministère de la Santé facilite la distribution gratuite de seringues stériles et l’accès aux traitements de substitution.

Septembre : Les résultats de l’essai Delta montrent que les bithérapies AZT-ddI et AZT-ddC sont meilleures que l’AZT seul.

Décembre : L’association ELCS (Élus locaux contre le sida) est créée sous l’impulsion de Jean-Luc Romero, homme politique ouvertement gay et séropositif.

Le même mois, sous l’égide du Sneg (Syndicat national des entreprises gay), de AIDES et d’Act Up-Paris, les établissements commerciaux gay mettent en place une première charte de « bonne conduite » dans laquelle, les signataires s’engagent à vraiment promouvoir et diffuser du matériel de prévention.

De son côté, le Conseil national du sida publie un Rapport sur les personnes étrangères vivant avec le VIH et en situation d’irrégularité de séjour.

Fin 1995, le New England Journal of Medicine publie les résultats d’un essai de phase II utilisant le ritonavir, une antiprotéase des laboratoires Abbott. Ces résultats montrent une efficacité biologique de la molécule qui réduit la charge virale des patients infectés par le VIH. Alors que la molécule est encore en phase d’expérimentation, sous la pression des activistes américains,
le laboratoire annonce la mise en place d’une dispensation compassionnelle qui concernera 1400 patients aux États- Unis et 800 dans « le reste du monde » dont 100 en France. Aux États- Unis, l’attribution des molécules se fera par le tirage au sort des patients-es inscrits-es sur une liste de demandes. En France, le TRT-5 prévient le laboratoire et l’Agence du médicament qu’une telle solution ne sera pas acceptable et exige d’être consulté au moment de la définition des critères d’inclusion des patients-es susceptibles de bénéficier d’un ritonavir plus largement mis à disposition. Le laboratoire est mis en demeure de mettre tous ses moyens en oeuvre pour qu’après la divulgation des résultats des essais en cours lors de la conférence de Washington, un accès compassionnel plus
large soit possible. Avec l’officialisation des résultats et leur médiatisation, les protestations jusqu’alors proférées dans les espaces restreints des discussions entre acteurs feront l’objet d’actions publiques.
En décembre 1995, Abbott-France et l’Agence du médicament saisissent le Conseil consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé (CCNE) sur les modalités d’attribution des traitements.

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